Exprimé en pourcentage, l’allongement à la rupture quantifie la déformation atteinte par une éprouvette en traction au dernier instant avant sa séparation. Cette valeur, parfois appelée élongation à la rupture ou allongement maximal, sert à apprécier la capacité d’un élastomère à accepter une forte mise en extension sans rupture.
En pratique, la mesure dépend fortement des conditions d’essai (géométrie d’éprouvette, vitesse de traction, température) et de l’état du matériau (réticulation, charges, vieillissement). Elle se lit donc comme un indicateur comparatif, pertinent si la méthode est constante et si elle est interprétée avec d’autres résultats mécaniques.
Ce que mesure exactement l’essai de traction
L’allongement à la rupture correspond à une déformation nominale (dite engineering strain) calculée à partir de la longueur initiale entre repères et de la longueur au moment de la rupture.
- Expression en pourcentage : Eb (%) = 100 x (Lrupture – L0) / L0, avec L0 la longueur initiale et Lrupture la longueur au dernier instant mesurable avant rupture.
- Nature de la sollicitation : la traction est quasi uniaxiale sur une éprouvette normalisée, ce qui ne reproduit pas à l’identique les sollicitations combinées d’un revêtement sur rouleau (compression, cisaillement, flexion de peau).
- Lecture “ductilité” : une valeur élevée traduit une capacité à se déformer longtemps avant rupture, sans conclure à elle seule sur la résistance aux coupures ou entailles.
Facteurs qui font varier l’allongement maximal
Deux matériaux de même dureté peuvent présenter des allongements à la rupture très différents. C’est fréquent sur les élastomères formulés pour l’usure, la température, l’anti-adhérence ou la charge.
- Température d’essai : une élévation de température peut modifier la mobilité des chaînes et donc la déformation avant rupture, ce qui oblige à préciser les conditions de mesure.
- Vitesse de traction : une traction plus rapide tend à changer le comportement viscoélastique, et peut décaler la rupture.
- Vieillissement et post-cuisson : un durcissement progressif peut se traduire par une baisse d’éb ou par une modification conjointe des contraintes à 100 % ou 300 % d’allongement.
- Défauts et amorces : porosités, inclusions, entailles de découpe ou zones proches d’un plan de collage sont très pénalisantes et peuvent faire chuter fortement la valeur mesurée.
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Request a quote →Interprétation pour un rouleau garni et ses contraintes réelles
Sur un rouleau, la “peau” de revêtement subit des déformations locales liées au contact, aux surépaisseurs, aux vibrations et parfois à des efforts de bande. L’allongement à la rupture aide à estimer la marge de déformation avant fissuration, à condition de ne pas l’isoler.
- Tolérance aux déformations locales : un Eb élevé est généralement recherché lorsque la surface doit épouser des irrégularités ou accepter des déformations répétées sans rupture fragile.
- Complémentarité avec la dureté : la dureté (Shore A) renseigne la rigidité de contact, alors que Eb renseigne la capacité à s’étirer. Pour cadrer la dureté, se référer aux caractéristiques de dureté.
- Ne pas confondre avec la déchirure : un allongement maximal élevé ne garantit pas une bonne tenue à l’entaille, ni une résistance à la propagation d’une fissure initiée en service.
- Rôle des finitions : une rectification ou une finition inadaptée peut créer des micro-amorces. Les critères de surface se relient à Eb via la sensibilité aux entailles, d’où l’intérêt des caractéristiques de surface et de la finition de rouleaux.
Points de contrôle et précautions de comparaison
Comparer des valeurs d’élongation à la rupture sans aligner la méthode peut conduire à des écarts plus grands que ceux dus à la formulation elle-même.
- Conditions identiques : conserver le même type d’éprouvette, la même vitesse de traction et la même température, sinon la comparaison n’est pas robuste.
- Éprouvettes sans entaille : soigner la découpe et éviter toute amorce, car Eb est très sensible aux défauts.
- Lecture croisée : interpréter Eb avec d’autres données issues de la traction (contraintes à 100 % ou 300 %, résistance à la traction) et avec les exigences de l’application.
Ce que cela change sur un rouleau chez ENRI
Dans le choix d’un revêtement et dans le dialogue technique, l’allongement à la rupture sert à cadrer la capacité de déformation avant rupture en lien avec la dureté, l’épaisseur et la température de service. La sélection se fait dans une logique d’application, comme détaillé dans la sélection du garnissage de rouleaux.
- Cas silicone très souple : le RISIL PR est donné avec un allongement exceptionnel de 1000 % et une dureté 10-20 Shore A, pour des usages cités en électronique, impression et films plastiques, avec une résistance en température annoncée à 250°C (sec) (revêtement silicone RISIL PR).
- Cas silicone sous pression continue : le RISIL PH affiche un allongement 900 % avec une dureté 25-30 Shore A et une résistance température 250°C (sec), dans des contextes d’exposition continue à la pression (revêtement silicone RISIL PH).
- Cas manutention et charge : en polyuréthane, le RITHAN HTPB est spécifié à 93+2/-3 Shore A à 20°C, avec une épaisseur 5-50 mm et une température (sec) 120°C. Pour des applications de transport de charge intensif, la compréhension de la déformation admissible complète la lecture dureté et résistance à la déchirure (110 KN/m) lors d’un choix de matière (revêtement polyuréthane RITHAN HTPB).
- Maîtrise thermique en atelier : la polymérisation et les traitements thermiques font partie des opérations qui peuvent influencer les propriétés mécaniques suivies, d’où l’usage d’une étuve industrielle pour des opérations de traitement thermique, polymérisation et mise en température (étuve industrielle de grande capacité).